Pierre-Alain Chambaz

Or, sur les moments réels de la durée réelle l’intelligence trouve sans doute prise après coup, en reconstituant le nouvel état avec une série de vues prises du dehors sur lui et qui ressemblent autant que possible au déjà connu : en ce sens, l’état contient de l’intellectualité « en puissance », pour ainsi dire. Il est triste de penser combien eût pu être différent le christianisme du monde, si la foi chrétienne avait été adoptée comme religion de l’empire par Marc-Aurèle au lieu de Constantin. Que d’ailleurs les conclusions de cette métaphysique, issue de la science, aient rebondi jusque dans l’intérieur de la science par une espèce de ricochet, c’est ce qu’on montrerait sans peine. Passons à la seconde, et voyons où elle nous conduira. Nous la formule­rions en disant que la science antique croit connaître suffisamment son objet quand elle en a noté des moments privilégiés, au lieu que la science moderne le considère à n’importe quel moment. Premier point : la France a connu une des périodes les plus prospères de son histoire entre 1871 et 1914, période où elle avait un des régimes parlementaires les plus instables du monde. En revanche, ces instances doivent non pas d’interférer politiquement avec les questions de santé, mais d’aider à trancher des questions de santé sur la base d’informations rationnelles, et au nom du peuple français qui leur en a donné mandat. Au début, une ou deux phrases sententieuses, dans les tonalités grises, appuyées d’un carissimo. Il dépasse 100, la valeur de référence signe qu’une majorité d’entreprises se montre plutôt optimiste. Bien loin de se servir de la superstition pour opprimer la république, ils l’employaient utilement à la soutenir. Sur la plaque européenne, nous avons donc une quinzaine d’acteurs décidant individuellement, sans internaliser l’impact de leurs décisions sur leurs voisins. Il y a lieu de faire une autre remarque générale, complètement analogue à celle qui nous a été suggérée (173) à propos des idées morales. Pour nous, le tout d’une machine organisée représente bien, à la rigueur, le tout du travail organisateur (encore que ce ne soit vrai qu’approximativement), mais les parties de la machine ne correspondent pas à des parties du travail, car la matérialité de cette machine ne représente plus un ensemble de moyens employés, mais un ensemble d’obstacles tournés : c’est une négation plutôt qu’une réalité positive. Interviennent alors les médias, qui font connaître le projet à la population, puis les associations qui, au nom de l’intérêt général, optent bien souvent pour la défense d’intérêts très particuliers. L’antagonisme entre les partisans de la vie libre et les partisans de la vie servile est plus profond en France qu’ailleurs ; il est souvent latent, mais il est irréconciliable ; aucune entente entre les uns et les autres n’est possible. Renoncer à certaines habitudes de penser et même de percevoir est déjà malaisé : encore n’est-ce là que la partie négative du travail à faire ; et quand on l’a faite, quand on s’est placé à ce que nous appelions le tournant de l’expérience, quand on a profité de la naissante lueur qui, éclairant le passage de l’immédiat à l’utile, commence l’aube de notre expérience humaine, il reste à reconstituer, avec les éléments infiniment petits que nous apercevons ainsi de la courbe réelle, la forme de la courbe même qui s’étend dans l’obscurité derrière eux. Même à l’état de veille, l’expérience journalière devrait nous apprendre à faire la différence entre la durée-qualité, celle que la conscience atteint immédiatement, celle que l’animal perçoit probablement, et le temps pour ainsi dire matérialisé, le temps devenu quantité par un dévelop­pement dans l’espace. Or, les phénomènes dont vous vous occupez sont incontestablement du même genre que ceux qui font l’objet de la science naturelle, tandis que la méthode que vous suivez, et que vous êtes obligés de suivre, n’a souvent aucun rapport avec celle des sciences de la nature. Nous saisissons ici, dans son principe même, l’illusion qui accompagne et recouvre la perception du mouvement réel. Nous sou-tenons que la matière n’a aucun pouvoir occulte ou inconnaissable, qu’elle coïncide, dans ce qu’elle a d’essentiel, avec la perception pure. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler cette maxime de Jean-Paul Sartre, »Ceux qu’on aime, on ne les juge pas ». Une fois encore, le Premier Ministre est accusé de sacrifier l’intérêt général au profit des entreprises privées. Ainsi pour la matière : nous pouvons la prendre par n’importe quel bout et la manipuler n’importe comment, elle retombera toujours dans quelqu’un de nos cadres mathématiques, parce qu’elle est lestée de géométrie. Je me bornerai à signaler quelques faits qui, pour être un peu vulgaires, n’en sont pas moins importants. La PAC de demain a pour objectif de favoriser une agriculture plus respectueuse de l’environnement. Uniquement préoccupée de déterminer ainsi un avenir indéterminé, elle pourra répandre un peu de sa lumière sur ceux de nos états plus reculés dans le passé qui s’organiseraient utilement avec notre état présent, c’est-à-dire avec notre passé immédiat ; le reste demeure obscur. Mais je n’ose pas dire oui, quand même. Les règles qui prédominent parmi eux, leur semble évidentes et se justifiant d’elles-mêmes.

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