Pierre-Alain Chambaz

Beaucoup d’hommes sont comme les enfants : ils n’ont pas encore senti la limite de leurs forces. Comme le disait le général de Gaulle, «la vie n’est pas le travail, travailler sans cesse rend fou ! Un escalier extérieur en bois monte autour de cette sorte de gouffre bâti et habité. Ainsi le cap sera fixé pour encourager les industriels à continuer d’innover et produire en France. Il faut alors se rappeler ce que disait un autre penseur incontournable, Schumpeter, à propos des innovations de rupture. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois  » Quand la lune est pleine, elle commence à décroître ; quand les eaux sont hautes, elles débordent ». La hache de guerre est bel et bien enterrée. C’est l’honneur de nos sociétés de fixer des règles et des limites pour éviter l’exploitation des citoyens les plus vulnérables. Les difficultés liées à la conjoncture, qui touchent l’ensemble des acteurs, ne doivent pas être l’occasion de renoncer à nos ambitions mais doivent être mises à profit pour mettre à jour certaines dispositions réglementaires qui datent. Celle-ci doit davantage englober les techniques innovantes pour tous les professionnels, et encourager le décloisonnement des métiers pour garantir la qualité de la réalisation finale. Sa tâche consiste à épurer ces motifs, à en séparer ce qui se rattache à des faits ou à des intérêts particuliers, variables, passagers. La vraie leçon du battage relatif à l’effondrement de ces économies est la nécessité d’accorder plus d’attention aux fondamentaux de la croissance et de reconnaître la diversité des situations au sein d’un groupe d’économies inutilement regroupées. Les industriels, porteurs de plusieurs centaines de milliers d’emplois, sont d’ores et déjà au rendez-vous. Bien que les contours de cette entité ne soient pas encore connus, elle serait dans tous les cas inefficace sans des moyens et des pouvoirs garantis, afin de s’assurer que le texte proposé est rédigé avec clarté, a fait l’objet d’une évaluation adéquate de sa pertinence et de ses effets potentiels, ainsi que d’une estimation exacte des exigences matérielles induites par son application. Il y a quelques jours dans le département du Gers, un automobiliste sans permis s’arrête brusquement sur une voie rapide pour mettre ses lunettes de soleil. Or c’est ainsi que la supériorité nécessaire de l’école positive sur les diverses écoles actuelles peut aussi être le plus nettement appréciée. Souvenons-nous de la mise en place, dans le sillage de l’affaire Cahuzac, d’un parquet national financier, dont le manque de moyens risque de conduire déjà à l’engorgement. Pis encore, ces dépoussiérages périodiques, en se concentrant sur le stock de règles, ont laissé de côté le processus menant à leur surproduction. De ce point de vue, nos voisins britannique et néerlandais devancent la France d’un cran : les premiers sont plus focalisés sur l’exploitation d’un potentiel économique, les seconds se vantent même de réduire le nombre de leurs jeux de données (la pertinence devant primer sur la quantité). Pour qu’une politique d’ouverture des données publiques produise des bénéfices économiques, il ne faut pas s’enfermer dans les dogmes de la gratuité et de la transparence. Elle ne modifierait pas le « système » actuel et, de plus, recréerait du coût : qui dit obligation dit contrôle … Rendre gratuits des services jusqu’alors payants, c’est détruire de la valeur et éventuellement des emplois avant d’en créer. Si l’objectif de gratuité est louable du point du vue du citoyen et du consommateur, il ne saurait servir de critère d’appréciation d’une politique de données ouvertes tournée vers l’innovation et la croissance, c’est-à-dire vers la création de valeur. Il y a en français une expression terrible, d’une couardise visqueuse et d’une horreur sans bornes, qui n’existe, je crois, dans aucune autre langue : « Tromper sa faim.

Share This: