Pierre-Alain Chambaz

Il n’est pas jusqu’aux mouvements extérieurs d’un organisme unicellulaire, ou tout au moins d’une Amibe, qu’on ne croie pouvoir expliquer mécaniquement. Nous alignons, pour ainsi dire, les phénomènes successifs, afin d’avoir une image, et par suite une idée de leur ordre de situation dans le temps. Les Etats-Unis ont conservé une influence notable, mais pas suffisante pour imposer le retour au calme, comme la crise de 2007-2008 l’a prouvé, tandis que les éventuels candidats à sa succession, Allemagne ou Chine, rechignent – ou refusent, ou sont incapables – d’assumer ce rôle. Si les salariés partent de zéro, construire un projet solide en deux mois risque d’être difficile. Sa masse absorbe sans cesse certaines matières solubles contenues dans l’eau ambiante et lui en renvoie certaines autres ; ces échanges continuels, semblables à ceux qui s’effectuent entre deux récipients séparés par une cloison poreuse, créeraient autour du petit organisme un tourbillon sans cesse changeant. De même que la durée fuyante de notre moi se fixe par sa projection dans l’espace homogène, ainsi nos impressions sans cesse changeantes, s’enroulant autour de l’objet extérieur qui en est cause, en adoptent les contours précis et l’immobilité. La spéculation est un luxe, tandis que l’action est une nécessité. Pour ce qui n’intéresse que lui, son indépendance est, de droit, absolue. Car, commençant dès lors à ne compter pour rien les miennes propres, à cause que je les voulois remettre toutes à l’examen, j’étois assuré de ne pouvoir mieux que de suivre celles des mieux sensés. L’hypothèse de la stagnation séculaire cadre bien avec les erreurs commises dans la zone euro au lendemain de la récession mondiale, quand les gouvernements ont tenté de se désendetter tandis que les entreprises et les ménages étaient eux-mêmes réticents à dépenser, tandis que la BCE maintenait une politique monétaire relativement restrictive. Ni la science ni la conscience ne répugneraient donc à cette dernière proposition :IV. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Mieux vaut allumer une seule et minuscule chandelle que de maudire l’obscurité ». Elle est pourtant aussi le siège de quelques mauvais esprits capables de poser de grosses questions naïves. Mettant de côté, négligeant entièrement la coopération de la nature, relativement à la satisfaction de nos besoins, ils ont posé ce principe absolu : Toute richesse vient du travail. Vue du côté des pays avancés, cette surindustrialisation s’appelle délocalisation : une part de l’industrie a été détournée des pays avancés vers les pays émergents pour livrer néanmoins les pays avancés. C’est bien véritablement dans la matière que la perception pure nous placerait, et bien réellement dans l’esprit même que nous pénétrerions déjà avec la mémoire. Les phases de développement d’un peuple, avant qu’il puisse jouir d’une indépendance complète sur une terre affranchie, correspondent aux phases de développement de l’être durant la période qui précède la naissance. Un objet nous plaît-il parce qu’il est beau, en lui-même et essentiellement, et parce que nous tenons de la nature le don de percevoir cette qualité des choses extérieures et de nous y complaire ; ou bien le qualifions-nous de beau parce qu’il nous plaît, sans qu’il y ait d’autre fondement à l’idée de beauté que le plaisir même que l’objet nous cause, en vertu des lois constantes de notre organisation, ou des modifications accidentelles qu’elle a pu subir ? Un comité scientifique fait régulièrement évoluer la méthode, en toute transparence, en détaillant dans des notes de méthodologie ses conclusions et les modes de calcul. Comment vivrait le complexe militaro industriel américain, ses milliers d’entreprises et ses millions de salariés ? Que fera t-on des médicaments qu’on ne pourra plus produire en France ou ailleurs, faute de déficit de la Sécurité Sociale ou de la suppression américaine du « médicaid et du médicare » ? D’abuser de sa position dominante en matière de recherche sur Internet pour favoriser ses propres services de vente en ligne… que très peu d’internautes utilisent, comme le lui rappelle sans tarder Edward Black, le patron du puissant groupe de pression des entreprises technologiques américaines. Le résultat escompté intervient en février 2015, lorsque le ministère des transports chinois relève de 300.000 à 400.000 tonnes de port en lourd la limite de gabarit autorisé dans les ports chinois. Or un des traits essentiels des religions antiques était l’idée d’un lien entre les groupements humains et des divinités attachées à chacun d’eux. Ils montrent, malgré des mises en œuvre perfectibles, que la volonté politique est forte. Il est certain qu’il souffre et même qu’il peut mourir lorsqu’il satisfait avec excès à certains d’entre eux. Ils n’ont d’ailleurs cessé d’augmenter depuis dix ans comme l’a noté le Conseil des prélèvements obligatoires rattaché à la Cour des comptes. Et cette sympathie se produit en particulier quand la nature nous présente des êtres aux proportions normales, tels que notre attention se divise également entre toutes les parties de la figure sans se fixer sur aucune d’elles : notre faculté de percevoir se trouvant alors bercée par cette espèce d’harmonie, rien n’arrête plus le libre essor de la sensibilité, qui n’attend jamais que la chute de l’obstacle pour être émue sympathiquement. Certes, si nous fermons les yeux à l’indivisibilité du changement, au fait que notre plus lointain passé adhère à notre présent et constitue, avec lui, un seul et même changement ininterrompu, il nous semble que le passé soit ordinairement de l’aboli et que la conservation du passé ait quelque chose d’extraordinaire : nous nous croyons alors obligés d’imaginer un appareil dont la fonction serait d’enregistrer les parties du passé suscep­tibles de reparaître à la conscience. Toute la suite de cet ouvrage tendra à faire ressortir de plus en plus cette distinction capitale entre la science et la philosophie, à tâcher de faire la part de l’une et de l’autre, et à montrer que ni l’une ni l’autre ne peuvent être sacrifiées sans que ce sacrifice n’entraîne l’abaissement de l’intelligence de l’homme et la destruction de l’unité harmonique de ses facultés.

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